Voici quelques croisettes du Katanga datées entre le XIII° et le XVI° siècles, modèles HIH (ligne supérieure), HX (moyennes) et HH (petites) ainsi qu'un lot de cinq croisettes ligaturées ensemble pour le transport de numéraire : c'est l'équivalent d'une liasse de billets de banque ou d'une carotte de pièces destinées à la caisse que le commerçant va chercher à la banque pour rendre la monnaie à ses clients, à moins qu'il ne s'agisse d'une dotation pour un mariage ou un budget destiné à l'achat de gros bétail ?

Voici en annexe un tableau
Croisettes du katanga tableau historique reprenant tous les modèles de croisettes du Katanga fabriquées sur une période de 1.500 ans et utilisées dans la plupart des royaumes du Congo, de Zambie, du Zimbabwé, du Malawi voire jusqu'au Mozambique et en Angola. Les plus grandes croisettes étaient même exportées jusqu'en Inde par les marchands swahilis et arabes pour la fabrication des bronzes.

Voici les plus petites croisettes du Katanga (entre le XVI et le XVIII° siècle) ci-dessus à gauche, datant entre les XIV° et XVII° siècles, et comparaison avec les monnaies de l'éphémère république du Katanga (1960-1963) dont la pièce de 1 F a à peu près la taille de 1 € et celle de 5 F la taille de 2 € ; et également la plus grande croisette artisanale sculpltée de motifs géométriques après la fonte, les deux tiges ayant été soudées en croix et provenant du Royaume Luba : elle s'appelle le modèle "Nkanu" ou "Lukanu" (avec l'article de classe de la langue Luba appartenant au groupe linguistique Bantou).

Et voici la comparaison entre les plus petites, les moyennes et les plus grandes parmi les anciennes (ci dessus) et avec les dernières produites par l'Union Minière du Haut Katanga laquées en rouge (ci-dessous).

Et enfin la comparaison entre les anciennes et les modernes (croisettes rouges récentes de l'Union Minière du Haut Katanga).

La dernière croisette émise par l'Union Minière du Haut Katanga porte les initiales U.M.H.K. et le double millésime 1906 * 1956 en commémoration du cinquantième anniversaire de la société d'extraction du cuivre, tout en rendant honneur à cet ancien système monétaire de lingots de cuivre original à une grande partie de l'Afrique du Sud-Est et le plus élaboré qu'ait connu de l'Afrique précoloniale (avec celui des manilles d'Afrique de l'Ouest) avec rapports probables de valeur mathématique entre les différents modèles. A notre connaissance, c'est la seule monnaie première du Katanga, uniface, sur laquelle figure une inscription, cas unique dans l'histoire des croisettes à l'exception des arêtes présentes sur les croisettes XHR de Chedzurgwé des XV et XVI°s mais dont la signification n'est pas établie, s'il y en avait une...
La croisette UMHK est l'unique monnaie avec inscriptions ayant précédé les pièces de 5 francs et 1 franc millésime 1961 représentant la croisette, émises par l'éphémère république du Katanga entre 1960 et 1963 (voir photos des deux pièces ci-dessous plus loin).

Il existe aussi des lingots en forme de barres qui ont été coulés par l'Union Minière du Katanga, certains de ces lingots étaient mis dans des écrins pour offir à des cadres, personnalités ou visiteurs des exploitations minières. Celui de gauche est toujours dans son écrin d'origine et est la propriété d'un lecteur que nous remercions vivement. Le second provient d'une brocante vendu en vrac, il n'avait plus d'écrin.
Le Katanga indépendant de 1960 à 1963 :

Ci-dessus, les croisettes et les monnaies du Katanga indépendant. Cette photo permet de se rendre compte de la taille réelle des croisettes, emblème systématiquement repris lors de la brève période d'indépendance entre 1960 et 1963 de cette région du Congo-RDC, comme le montre la photo des armoiries de l'éphémère Etat, de sa capitale, de son drapeau et des billets de banques qui étaient en projet, émis mais n'ayant jamais circulé dans le pays.

Ci dessous, en agrandi, les pièces de 1 franc et 5 francs en bronze frappées sous la présidence de Moïse Tschombé, descendant de la dynastie impériale des Lundas, éphémère chef d'Etat du Katanga indépendant entre 1960 et 1963 : les monnaies représentent les croisettes tout comme le drapeau du Katanga et le blason de la capitale Lubumbashi.

En 1963, le Katanga est définitivement réintégré dans le Congo, anciennement belge et futur Zaïre avant de redevenir "RDC - République Démocratique du Congo" dont il est toujours resté une très importante province sur le plan de l'économie, de la démographie et des ressources naturelles. Le président du Katanga, Moïse Tshombé, connaîtra un bref exil puis deviendra l'éphémère premier ministre du Congo sous la présidence de Kasa-Vubu entre 1964 et 1965 avant de connaître à nouveau l'exil puis la mort quatre ans plus tard en 1969.