
Le dernier prince-évèque de Liège, François-Antoine de Méan, qui a régné entre 1792 et 1794, a également été le premier archevèque de Malines entre 1816 et 1831 et premier primat de l'église belge indépendante dès 1830 jusqu'à l'année de son décès en 1831.
Il n'a frappé aucune monnaie officielle dans la principauté mais des essais monétaires lui sont attribués, notamment de l'escalin d'argent (ci-dessous à gauche, et matrice de coin ci-dessus à droite, extrait de l'ouvrage de Mr Jean-Luc Dengis sur les monnaies de la principauté de Liège) et du liard de cuivre (ci-dessous à droite), ou bien des hybrides comme la pièce en cuivre sur fond rouge plus bas.
Voici également l'escalin de François-Antoine de Méan de 1792, en principe en argent, mais frappé ici en billon (mélange cuivre-argent dont je ne connais pas les pourcentages), dont j'ai pu retrouver un exemplaire ci-dessous au Cercle Numismatique Liégeois (CNL merci particulièrement aux organisateurs et à Dimitri et Didier spécialistes en monnaies apocryphes et essais liégeois tardifs). A droite on a le dernier escalin d'argent officiellement émis par la principauté de Liège, à l'effigie de Saint Lambert, de la vacance du siège épiscopal de 1792, émission du Chapitre de Saint-Lambert, assemblée ecclésiastique faisant partie des trois chambres du "parlement" de la principauté et compétente pour désigner le futur prince-évèque François-Antoine de Méan cette année-là pour un court règne de deux ans en théorie mais d'un an en pratique car commencé en 1793 jusqu'en 1794 compte tenu des périodes de présence des troupes révolutionnaires françaises sur le sol liégeois.

Ci-dessous, il s'agit d'un essai monétaire du dernier prince-évèque de Liège (et premier cardinal-archevèque belge) François-Antoine de Méan (règne à Liège de 1792 à 1794, archevèque et cardinal de 1816 à 1831) conçu par le père de Léonard Jehotte, que j'ai pu retrouver dans une bourse numismatique à Vielsalm (Cercle Numismatique du Val-de-Salm) : c'est une pièce hybride en cuivre, de l'escalin d'argent de 1792 et du liard de cuivre de 1792 reproduites ci-dessus. Je joins aussi une photo de la même pièce hybride, mais où les coins sont mélangés inversément, avec les deux autres faces de l'escalin et du liard par rapport à l'hybride précédente (photo extraite d'une vente publique par le cabinet numismatique Elsen ayant eu lieu à Bruxelles) avec une erreur résultant peut-être d'un mélange par Jehotte lui-même entre divers coins d'escalins car la légende "D.G." (latin Dei Gratia = par la Grâce de Dieu) se retrouve deux fois, si l'on tient compte des deux hybrides, à la fois du côté du lion armé tenant l'écu au perron, et du côté des grandes armoiries Liège/Méan en abîme, juste avant la crosse, alors que sur l'escalin en billon ci-avant, on ne la retrouve pas du côté du lion armé à l'écu de Liège :

Au niveau héraldique, comparez avec le quartier de gauche (sénestre) représentant le village de Saive dans les armoiries de la commune de Blegny qui s'analysent comme suit : 1 = de Lannoy, seigneurs de Trembleur, Bolland et Julémont, descendants des marquis de Franchimont ; 2 = de Méan, seigneurs de Saive (armoiries également reproduites sur un document ancien) ; 3 = de Hochstade, comtes des Fourons puis de Dalhem ; 4 = terril, lampe et outils des mineurs des Charbonnages d'Argenteau (1779-1980), actuellement site touristique de Blegny-Mine.

Ci-dessus les armoiries de la famille de Méan, celles du prince-évèque de Liège François-Antoine-Marie-Constantin "comte de Méan et de Beaurieu", et celles de la commune de Blegny comprenant l'ancienne commune de Saive rattachée le 1 janvier 1977, seigneurie sur laquelle la famille de Méan avait les droits de haute justice et de justice foncière jusqu'en 1794, faisant également partie de la principauté de Liège (contrairement au reste de Blegny qui était dans le comté de Dalhem associé au duché de Limbourg et pays d'Outremeuse dont le suzerain était par contre le duc de Brabant).

Ci-dessus, comparaison entre la matrice de coin du droit de l'escalin de François-Antoine de Méan et des deux pièces ci-dessus, l'escalin en billon, de taille et poids normaux, et la monnaie hybride qui est au module et au poids du double liard ou du double escalin... qui ont toutes deux été frappées avec cette matrice !

Voici ci-dessous la diligence de Mgr de Méan qui se trouve exposée au musée des transports en commun de Liège, et ci-dessus le château de Méan, complètement en ruines depuis fort longtemps et ayant complètement perdu la toiture et le clocheton de la tour droite, à Saive sur la commune de Blegny, ainsi qu'une vue du château au XVIII°s sur une gravure d'époque, avec ses deux clochetons et les jardins et vergers bien ordonnés tout autour du château, ainsi que l'ensemble château-ferme à droite de l'autre côté de la route (chemin à l'époque) !
