Généalogies de Bamena dans le Binam - Ouest Cameroun

Famille Dio-Lakesseu, Fandio et descendance

Ndop bandelette decorative horizontale

Bamena vue monts batchingouNdop bandelette decorative horizontaleBAMENA est un village du Cameroun dans la Région de l'Ouest (nom officieux traditionnel = Binam "Ouest" étymologie PI = éteindre, couper et NAM = Soleil) situé dans le département du Ndé (NDE = Noblesse Dignité Elégance) sur la route de Bagangté vers Bafang, à distance d'environ 263 km de Yaoundé (capitale politique et administrative du Cameroun), de 236 km de Douala (capitale économique et portuaire du Cameroun) et de 47,5 km de Bafoussam (capitale régionale de l'Ouest-Cameroun)

Voici ci-dessus une vue panoramique depuis Bamena (hameau de Louh) en direction de la chaîne de montagnes du mont Batchingou (le plus haut : 2.097 m d'altitude)

Voici un site qui illustre la vue panoramique de ce qu'on peut voir à partir du sommet du mont Batchingou : on peut faire le tour de toutes les montagnes avoisinantes et même Pouo'Loum à 1.630 m d'altitude parmi les points signalés ; même le mont Cameroun est visible de là-bas : https://peakvisor.com/peak/mont-batchingou.html?yaw=-158.39&pitch=-7.06&hfov=60.00

Bamena, en langue locale "Lah Mènoh", est une chefferie et un village du département du Ndé dans la région Ouest du Cameroun, région Bamiléké ou Binam, "Pi-Nam" signifiant dans la plupart des langues bamilékées "coucher du soleil" donc "Ouest".

Chevre bamena site abeBlason bamena projectChevre bamena contournee site abe

Voir le lien avec Wikipédia concernant le village de Bamena : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamena

Voici le lien avec un reportage culturel d'une demie-heure, interview du chef Bamena, expliquant la culture, les rites et traditions locales sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=H-2-XFbnLgg

Ndop bandelette decorative horizontale

EMBLEMES et COULEURS de BAMENA :

Chevre de bamena statue place village  Chevre de bamena   Maison traditionnelle a bamena

L'emblème de Baména est la chèvre. La première photo est celle de la statue de la chèvre sur la place de Bamena, la seconde a malheureusement servi de repas à un deuil... D'ailleurs la plupart des préparations culinaires y sont faite avec la viande de chèvre, notamment le Kondrè, sorte de potée de bananes et de chèvre à l'huile de palme, qu'ailleurs on prépare généralement avec du porc (Dschang) ou bien du boeuf (Fumban).

La troisième photo représente une maison de type traditionnelle à Bamena, construite en blocs d'argile cru, et surmontée d'un toit en tôle ondulée de forme pyramidale assez aplatie.

Bamena chefferieLa chefferie se compose à Bamena, d'une chefferie principale et six "chefferies de quartier", soit une pour chaque village de l'entité territoriale de la chefferie :

- le Chef supérieur (ou "Roi") appelé Feùh (dans les autres villages bamilékés on dit Mfeu, Feu, Mfo, Foa, Fon ou Mfon selon les variantes dialectales - à comparer avec les langues bantoues jusqu'au Swahili comorien où le mot Roi se dit "Fani") est le "souverain" de la chefferie, comparable aux ducs, comtes et barons d'ancien régime chez nous.

La chefferie est, au yeux de la loi camerounaise, une chefferie du 2° degré, puisque le législateur camerounais a décidé pour seconder des municipalités locales assez peu organisées, de considérer les chefferies commes "auxiliaires de l'Administration". C'est un peu comme si en Belgique on avait intégré les seigneuries d'ancien régime dans la législation actuelle, ce que nous n'avons pas fait sauf au niveau national ou fédéral : la monarchie constitutionnelle belge est en fait, la "grande chefferie de Laeken".

Le Chef actuel s'appelle Alexandre Joukwé. Les chefs successifs de la dynastie du XX° siècle sont Ngongang II (19??-1939), Wandji IV Ngongang (1939-1968) et Jacques Nietcho (1968-1997) ayant précédé le chef actuel, toutefois on peut consulter l'ancienne dynastie de Bamena sur les deux sites suivants, avec des divergences sur l'ordre et les noms de la dynastie, les dates s'étalant depuis le XVIII° siècle n'étant pas connues avec précision : Association des Bamenas d'Europe ABE : http://www.bamena.fr/histoire-de-bamena.html    et page Bamena sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamena

- le Conseil des Neuf Notables (sorte de sénat +/- héréditaire comprenant en fait souvent plus que neuf membres, dans les faits) est le "parlement" de la chefferie.

- le Conseil des Sept est l'exécutif de la chefferie, sorte de "conseil exécutif" accompagnant le chef dans le gouvernement local. Leur rôle correspond plus ou moins aux "bourgmestres et régents" sous l'ancien régime chez nous.

- les chefs de quartiers (au nombre de six) sont administrateurs et officiers de police chacun dans son village, et sont désignés par le chef supérieur. Ils sont en quelque sorte "les yeux et les oreilles du chef" dans les villages éloignés. Leur rôle fait penser aux "forestiers" sous l'ancien régime chez nous.

- le pouvoir judiciaire (uniquement en matière de biens fonciers, de successions et de litiges de voisinage, sous réserve d'appel aux tribunaux réguliers) est exercé par le Chef conjointement avec le Conseil des Neuf. Cela a pu poser des problèmes dans la mesure où le droit coutumier est généralement assez différent du droit civil de la loi camerounaise plus proche des principes napoléoniens du droit français. La coutume de la chefferie ne peut donc être prononcée valablement qu'en cas d'accord des parties sur ce droit coutumier ou de silence de la loi sur le sujet concerné et jamais en contradiction avec la Loi. Le rôle de cette justice ressemble un peu au "tribunal des Echevins" dans les "seigneuries foncières" de l'ancien régime chez nous.

- Beaucoup d'autres institutions ou structures (appelées généralement "sociétés secrètes" en raison de la confidentialité et du huis-clos qui y est de rigueur) existent pour remplir les différentes fonctions politiques, sociales et religieuses dans la chefferie.

L'entrée de la ehcfferie a été complètement recouverte de peintures artistiques :  Chefferie bamena portail

Le vêtement et tissu emblème du village, tout comme celui de tous les villages de l'Ouest, est le NDOP, étoffe bleue aux motifs géométriques blancs, traditionnelle et largement utilisée dans la culture des Bamilékés et des Bamouns. Voici une vidéo explcative de la signification du Ndop : https://www.youtube.com/watch?v=UH2vTUBHFtY&list=PLQsqV0BBhfwZEJVq6cYIS7m3nut7wECho

Voici ci-dessous un tapis NDOP traditionnel, une tunique "boubou ndop" et un tabouret aux motifs rappelant le Ndop, photographié dans une ancienne maison à Bamena :

Ndop tapis 1 Ndop tunique boubou  Bamena un tabouret traditionnel dans une case

 

Une TRES GRANDE FAMILLE de BAMENA :

Genealogie dio lakesseu fandio

Voici l'arbre généalogique de la famille Dio-Lakesseu, Fandio et la descendance. Toutes les suggestions pour le corriger, le préciser ou l'améliorer sont les bienvenues.

J'ai trouvé sur le site internet des Bamenas d'Europe une explication de la transmission des "Ndâps" (éloges) dans le système généalogique. Le nom personnel, le nom du père et le(s) Ndâp(s) combinés donnent le marqueur généalogique traçable de tout Bamiléké, où qu'il soit dans le pays où ailleurs, car ces marqueurs d'identité lui retracent le chemin vers son village natal, avec certitude...   Voilà le shéma de transmission des Ndâps : http://www.bamena.fr/us-et-coutumes-bamena.html

Ndaps transmission

Voici également deux explications utiles sur le site Bamena de Youtube : 

1. Explications en général de ce qu'est le Ndâp, causes, motifs, sources ... : https://www.youtube.com/watch?v=6oMXF_jubv8&list=PLQsqV0BBhfwZEJVq6cYIS7m3nut7wECho&index=6

2. Le fonctionnement de la transmission des Ndâps : https://www.youtube.com/watch?v=dq7ZCAWVzjg&list=PLQsqV0BBhfwZEJVq6cYIS7m3nut7wECho&index=5

Panorama batchingou

Généalogies Ma Kwanga, Ba-Dinan Tenfang et descendances

Ndop bandelette decorative horizontaleVoici les arbres généalogiques de deux familles d'alliance de la famille précédente : bien sûr il y en a beaucoup d'autres qui devront se rajouter dans la généalogie...

Famille Ma Kwanga :

Genealogie ma kwanga

 

Ndop bandelette decorative horizontaleFamille Ba-Dinan Tenfang :

Genealogie ba dinan tenfang

Généalogies d'alliances dans le village voisin de Bangou et la ville de Dschang, également dans l'Ouest-Cameroun

 

Ndop bandelette decorative horizontaleGenealogies bangou dschang

Termitiere a bamenaUN MONUMENT D'ARCHITECTURE ANIMALE !

Termitière en champignon à double plateau construite par les termites de Bamena

 

Décès de Papa Mathieu NGANWA, le 8 mars 2021 : il portait le titre de "Mekep"

 

Faire part papa mekep nganwa mathieu

Monts batchingou

Lors d'une promenade, au loin... à partir de Louh,

on aperçoit dans les montagnes, le majestueux Mont Batchingou,

Face à l'infiniment grand, on voit l'infiniment petit,

Au pied de l'arbre, les peuple des termites bâtit.

 

 

 

Symbolique de pouvoir et de société Bamiléké

Ndop bandelette decorative horizontale

Les emblèmes du pouvoir et de la force politique et sociale dans les chefferies :

Ndop tunique boubou  Bamileke double gong  Bamileke peau de panthere ouvragee ancienne vendue par sothebys  Bamileke queue de cheval  Bamileke defenses elephant chefferie

Les symboles des instututions bamilékées sont le tissu NDOP, associé à la possession patrimoniale qui représente une sorte de titre non-écrit de propriété foncière (d'ailleurs certains Ndops anciens dont notamment à Foumban, représentent les plans du palais royal et de ses dépendances), le double-gong (appelé Kwen à Bafut), la peau de panthère (ici, c'est une peau ouvragée et perlée vendue en 2009 par la salle de vente Sotheby à Paris), la queue de cheval (appelée Sé Leng Koko à Batcham), et les défenses d'éléphant sculptées (ici phtographiées à l'entrée d'une chefferie).

Bamileke masque elephant heaume  Chapeau a plume bamileke  Araignee bronze bamoun

D'autres emblèmes existent également dans les cérémonies, notamment des emblèmes animaliers : pricipalement les masques-éléphants qui sont en fait des "cimiers" car ils se portent non pas devant le visage mais au-dessus du crâne pour le modèle ci-dessus. Il en existe d'autres en tissus perlés qui se portent sur la face toutefois. Il y a aussi les coiffes à plumes côniques utilisées rituellement dans les cérémonies funèbres, servant notammnet à la collecte des offrandes et des fonds pour la célébration du deuil et une sorte de "concours" à celle ou celui qui en recueillera le plus... Un autre symbole important est aussi l'araignée, qui symbolise l'intelligence, la stratégie, et la prédicition de l'avenir (araignées divinatoires : ici, un magnifique bronze bamoun)

Bamena chefferieOn peut également considérer les toitures côniques surplombant les portiques d'entrée des chefferies comme une certaine forme imposante de symbole architectural du pouvoir.

 

Les emblèmes de relations sociales et de paix chez les Bamilékés :

Bamileke arbre de la paix  Bamileke vin de raphia ou de palme  Bamileke jujube graines de la paix  Bamileke noix de cola

De gauche à droite : l'arbre de la paix (Fekeng ou Fekang, en Latin Dracaena Fragans), le vin de raphia ou vin de palme (extrait de la sève du palmier), la gousse contenant les graines de Jujubé et la noix rouge de kola.

 

La monnaie symbolique et traditionnelle ancienne chez les Bamilékés :

Une ancienne monnaie traditionnelle dans le système des valeurs était la houe.

Houe a bamena  Bamileke ou mambila monnaie houe  Monnaie houe bamileke fer battu 

Ici à gauche, une houe agricole (et destiné uniquement à cet usage) dans le village de Bamena.

Au centre et à droite, trois houes ayant servi de monnaies : au milieu, une petite houe bamiléké, tikar ou mambila, à droite deux petites houes bamiléké : ces objets étaient parfaitement non-fonctionnels et de petite taille, ayant probablement servi de médium d'échange dans un lointain passé prémonétaire jusqu'au XIX° siècle ou début XX° siècle.

Bracelets manilles monetaires de birmingham bandeletteLes manilles ou bracelets en bronze ont aussi servi de monnaies depuis la découverte du cuivre et la fabrication du bronze en Afrique, jusqu'au milieu du XX° siècle au Nigéria et au Cameroun anglophone (Nord-Ouest, Sud-Ouest) . Ci dessus, un lot de "manilles de Birmingham" fabriquées par des fonderies européennes destinées au commerce en Afrique centrale et de l'Ouest.

Cameroun couteaux de jet  Bamileke double gong petit format 1  Cauris monnaie coquillage 

D'autres monnaies coutumières anciennes existent, comme divers bracelets en bronze de production locale, de fers de lance décorés sans autre utilité réelle qu'esthétique ou monétaire,  lames de couteaux ou de sabres, couteaux de jets comme les trois exemplaires ci-avant, fondus au Cameroun par différents peuples, simples doubles et triples gongs de petite taille (ceux de grande taille étant destinés à servir à appeler les réunions ou annoncer des événements, restaient patrimoines des chefferies) ou, plus courant comme dans toute l'Afrique jusqu'au siècle passé et même dans le monde ancien en Asie et en Europe il y a trois millénaires, les petits coquillages blanchâtres et brillants appelés "cauris"... Jusqu'à l'arrivée du franc CFA avec la colonisation française, et son proverbe qui l'accompagne bien sûr, équivalent à ce qu'on dit chez nous : "Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières"

Cinq francs est la mère d'un million ! Cinq francs cfa (Proverbe bamiléké)

Ndop bandelette decorative horizontale

 

Un échantillon de ce qui est possible en matière d'héraldique africaine pour les Bamilékés :

Voici ci-dessous quelques logos et blasons de villes, de chefferies et d'insitutions de l'Ouest-Cameroun :

Bagangte armoiries  Dschang armoiries completes  Dschang logo araignee musee civilisations  Bamilekes de l aquitaine logo  Armoiries bamoun 1  Baham sceau de la chefferie

De gauche à droite, le blason de la ville et de la chefferie de Bagangté, chef-lieu du département du Ndé : on y reconnait bien les symboles exposés ci-dessus : double gong, panthères du Ndé, arbre de la paix sur fond de montagnes, et en bas, le tissu Ndop, la devise étant aux couleurs du drapeau du Cameroun.

La ville de Dschang a elle, adopté les maisons traditionnelles (circulaires à toit de chaume) des chefferies bamilékées, dont on reconnait le double gong (inversé) sur la case du centre.

Le musée des civilisations a, lui, dans la logique d'un symbolisme global bamiléké, opté pour l'araignée stylisée rappelant aussi celle d'associations bamilékées (ici, l'association française en Aquitaine). La banque camerounaise Afriland utilise également un motif inspiré de l'araignée stylisée (voir la décoration du siège à Yaoundé près de la mairie).

 

Le Royaume des Bamouns utilise traditionnellement depuis plusieurs siècles comme armoiries : le double gong enlacé d'un serpent bicéphale, surmonté d'une araignée. C'est un cas d'héraldique ancienne purement africaine, un peu comme on voit dans l'ancien royaume du Bénin au Nigéria qui possédait aussi sa propre symbolique comparable à l'héraldique. Sur ce sabre bamoun, on reconnait comme motifs des croissants et des étoiles (motif musulman) et en pointe, le serpent à deux têtes et le double gong (voir détail de la pointe à gauche)  - la double pointe elle-même a la forme du serpent bicéphale des armoiries du Royaume Bamoun.

La chefferie de Baham a, elle, opté pour un sceau rond avec le lion et le double gong (inversé) qui lui aussi s'inspire d'avantage de l'allégorie que de l'héraldique classique.

Detail sabre bamoun  Sabre bamoun

Sabre bamoun décoré de motifs héraldiques et détail de la pointe à gauche

Et pourquoi pas la création de nouveaux éléments héraldiques puisés dans l'histoire culturelle des Bamilékés et des Bamouns, qui ont une ancienne et riche tradition ?

 Blason bamena projectBamena projet armoiries avec devise ecriture bamoun  Bamileke bouclier ancien en bois sculpte  Banniere ndop projet

La grande famille élargie "BDK" ou carrément le village, pourrait créer et adopter une composition héraldique comparable aux deux idées ci-dessus, utilisant des motifs africains. Ici, en l'occurence, des caractères anciens de l'écriture Bamoun, voisine de la culture Bamiléké avec laquelle elle partage beaucoup de traits culturels ; ceci n'est qu'un exemple possible de ce qui peut être réalisé sur base de recherches historiques. Sur le blason de gauche la chèvre est soit d'un âge respectable, soit plus proche du bouc, symbolisant ainsi l'aspect patriarcal et la notion d'aînesse de la société traditionnelle mais ce concept plutôt conservateur est discutable.

Par contre sur le second dessin, on a la devise "Ngong Mènoh Ngong Nkou'gni" transposée en caractères bamouns, et en dessous "Lah Mènoh" pour que nos lecteurs se rendent compte de l'aspect graphique très original et particulièrement esthétique des caractères bamouns.

La forme de l'écu s'inspire en fait du bouclier bamiléké traditionnel ancien en bois ouvragé, tel que celui-ci qui a été vendu dans une vente publique il y a quelques années (photo Tim Hamill).

Le troisième dessin (quatrième photo) exprime les possibilités importantes d'utilisation graphique du NDOP pour une bannière locale, un peu dans l'esprit des drapeaux communaux ou provinciaux tels que nous en avons dans pratiquement toutes les communes et provinces belges, alors qu'au Cameroun actuellement, seules une minorité de localités en disposent...

 

Utilisation possible en héraldique des anciens caractères de l'écriture Bamoun :

« Si vous dessinez beaucoup de choses différentes et que vous les nommiez, je ferai un livre qui parlera sans qu’on l’entende »

Ibrahim Njoya

Le Roi Ibrahim Njoya, en développant la création d'une écriture unique et originale, a joué en Afrique un rôle un peu comparable à celui qu'à joué au V° siècle en Arménie et dans le Caucase l'ecclésiaste arménien Mesrop Machtots, inventeur des alphabets arméniens et géorgiens. Cette oeuvre y fut pour beaucoup dans la pérénnité des cultures arméniennes et géorgiennes menacées de toutes parts durant l'histoire par leurs belligérants voisins turcs, perses et arabes. Njoya n'a pas pu mener son oeuvre aussi loin car l'écriture est surtout restée dans le cadre des écoles du royaumes et du palais royal et n'est malheureusement pas devenue populaire au sens moderne du terme. La langue Bamoun actuelle (Shüpamom) utilise l'alphabet latin avec une série d'accents et de signes sur les lettres pour en préciser la prononciation.

L'écriture a évolué en 7 phases, la première est entièrement idéographique (comme les idéogrammes égyptiens et chinois), mais la dernière est essentiellement syllabique (comme le Grec "linéaire B" et le Coréen par exemple) et partiellement alphabétique, avec 80 signes en tout : 70 signes phonétiques, 10 signes à la fois numériques et phonétiques, deux accents et un système de ponctuation.

Il est possible de se baser sur des versions antérieures à l'Akauku qui est chronologiquement la septième évolution (fin XIX° siècle - 1910). Celle en usage au XIX° siècle, la première, est particulièrement idéographique et esthétique, et conviendrait très bien pour constituer le répertoire des meubles d'une nouvelle forme d'héraldique bamiléké et bamoun.

Voici ci-dessous quelques lignes de caractères idéographiques anciens de la toute première écriture au XIX° siècle (les deux signes utilisés dans les armoiries ci-dessus sont entourés de rouge)  et un récipient en bronze du musée de Foumban, qui porte une inscription avec les caractères utilisés au début du XX° siècle.

Ensuite, voici un échantillon manuscrit de la dernière version de l'écriture "Akauku". Cette appellation de l'alphabet provient des 4 premières lettres  Akauku  A - KA - U - KU - C'est une note bilingue Arabe / Bamoun probablement écrite par le Sultan Njoya ou l'un de ses notables de la cour.

Bamoun echantillon ideogrammes mfon et nji  Recipient bamoun en bronze avec l ecriture shumom  Manuscrit bilingue arabe bamoun

Le caractère, au sommet de l'écu de forme traditionnelle Bamiléké-Bamoun, est un "Mfon" = roi, chef, et les 6 caractères inférieurs sont des "Nji" = nobles. Ces caractères sont issus des toutes premières versions de l'écriture idéographique créée à la fin du XIX°siècle par le roi Njoya (1860-1933) souverain du royaume Bamoun (département du Noun, actuellement), laquelle écriture a été simplifiée par la suite au début du XX°siècle dans sa version "Akauku" pour devenir phonétique mixte (alphabétique et syllabique).

Voici l'article de Wikipédia concernant le roi Njoya : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Njoya

Voici l'article de Wikipédia concernant l'écriture bamoun appelée "Shümom" : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89criture_bamoun

  Ngouon en ecriture bamoun  Ngouon banniere  Bamoun caracteres akauku luna kindler  Dschang logo araignee musee civilisations  Dschang musee civilisations

Voici le mot "Ngouon" en écriture bamoun. Le Ngouon est un festival bisannuel qui est la grande réunion du royaume, dont l'écriture a fait récemment l'objet d'une étude graphique par Mme Luna Kindler qui a étudié les polices de caractères de cette étonnante écriture dont voici la liste des 80 signes (dont les dix derniers servent aussi de chiffres) et de la ponctuation (dernière ligne).

Voici le lien avec un site expliquant, à raison, que le Roi Ibrahim Njoya était à sa façon un grand réalisateur de bandes dessinées. Le site reprend énormément de documents anciens illustrés dans l'écriture Bamoun : http://www.tcj.com/ibrahim-njoya-a-comics-artist-in-colonial-era-cameroon/

Cette écriture recouvre même en peinture le Musée des Civilisations à Dschang (département de la Ménoua), photo ci-dessus à droite.

Une initiative a été initiée par le palais royal et les institutions internationales pour sauver les manuscrits anciens de la destruction et de l'oubli : https://eap.bl.uk/project/EAP051

Une seconde écriture ancienne existait dans l'Ouest-Cameroun avant la colonisation : le BAGAM

Bagam sceau chefferie  A droite, comparaison numérotation Bagam et Bamoun  Bagam bamoun numerotation

Hormis les Bamouns, seul un autre peuple bamiléké avait également créé sa propre écriture à l'époque précoloniale, il s'agit d'une chefferie dont le chef et les notables étaient proches de ceux de Foumban : il s'agit du village de Bagham, peuple des Egham de langue Mengaka. Ce fait est peu connu des historiens de l'Afrique et d'ailleurs, cette écriture a été étudiée par le linguiste américain Konrad Tuchscherer, mais une partie du sens des caractères a été perdu au début du XX° siècle et, contrairement aux Bamouns, ils ne les utilisent plus.

La preuve, le sceau de la chefferie de Bagam ci-dessus est entièrement rédigé en Mengaka mais en caratères latins, et on reconnait le double gong à droite et à gauche de l'inscription.

Panorama batchingou

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